Les compétences les plus recherchées en 2020

Dans la continuité des dernières années, le marché de l’emploi devrait rester très actif en 2020 pour les collaborateurs évoluant au sein des directions financières. Si les compétences techniques restent plébiscitées, à l’instar des consolideurs et des comptables, les profils affichant une expertise en matière informatique vont être particulièrement prisés.

En 2019, le secteur de la finance a enregistré une augmentation de 26 % du nombre d’offres d’emploi à destination des cadres, portée notamment par la forte croissance des recrutements réalisés par les départements en charge de la trésorerie, rappelle le cabinet Robert Walters dans une étude récente. De l’avis unanime des chasseurs de têtes, cette tendance ne devrait pas s’essouffler dans les mois à venir. Le remplacement de collaborateurs ayant quitté l’entreprise et les créations de postes induites par le développement des groupes y participent grandement. Mais la quête de nouveaux profils au sein des directions financières sera également alimentée par les avancées technologiques. «Beaucoup d’entreprises font aujourd’hui le constat qu’elles disposent de nombreuses données grâce aux outils informatiques, mais elles ne savent pas encore comment bien les exploiter, constate Béatrice Wodetzki, partner chez Page Executive. Nous voyons ainsi de plus en plus apparaître des demandes pour des postes associant l’IT à la finance d’une part, et liés à la data au sein de la fonction finance d’autre part.»

Une attention toujours plus marquée sur les soft skills
Pour accompagner la transformation digitale de leur organisation, les directions financières ont en effet besoin de collaborateurs capables de se positionner comme des intermédiaires entre les opérationnels et les équipes informatiques

«En finance, 10 à 20 % des demandes de recrutement que nous recevons portent désormais sur des profils hybrides finance/IT avec des compétences en consulting, précise Albane Prieto, directrice du recrutement permanent chez Robert Half. Ces financiers doivent avoir une expérience et une sensibilité sur les outils informatiques afin de retranscrire en langage informatique les besoins exprimés par les opérationnels et la direction, et d’en gérer ensuite la mise en place en lien avec les équipes IT.» Ils doivent également être en mesure, à la suite d’opérations de croissance externe ou organique, d’harmoniser les process et outils. «Ils endossent à cet effet un rôle de chef de projet», poursuit Albane Prieto. Afin de trouver la perle rare, les recruteurs ciblent des profils d’ingénieurs avec un parcours en finance, des auditeurs, voire des contrôleurs de gestion. «Les contrôleurs de gestion ou les auditeurs internes sont ainsi les profils qui répondent actuellement le mieux aux compétences attendues sur ces postes car ils occupent déjà une fonction pivot au sein de l’entreprise, entre l’IT et la finance, ajoute Albane Prieto. Les candidats expérimentés sur ces postes restent néanmoins rares.» Au-delà de ses compétences métiers et IT, le chef de projet IT/finance doit également faire preuve d’écoute et de pédagogie et être doté d’un grand sens de la coordination et de l’organisation. «Sur ces profils plus techniques, les recruteurs attachent en effet de plus en plus d’importance à la dimension soft skills des candidats et à leur capacité à accompagner le changement», souligne pour sa part Géraldine Thoris, manager au sein de la division finance de Robert Walters.

En parallèle, la capacité à gérer les données et les capacités analytiques deviennent des compétences de plus en plus recherchées. «A tel point que nous voyons apparaître des postes liés à la data», précise Béatrice Wodetzki. Le cabinet de recrutement Fed Finance note ainsi l’émergence du métier de financial planning & analysis manager, aussi appelé FP&A manager. Celui-ci a pour vocation d’accompagner les différentes composantes de la direction financière pour faciliter la prise de décision et la définition de stratégies internes et externes. «Pour réussir dans cette tâche, les FP&A managers s’épaulent des systèmes d’information qu’ils maîtrisent et dont ils analysent les données existantes pour proposer des plans d’actions réalisables tout en évitant les risques financiers, explique Sophie Joannes, senior manager chez Fed Finance. Ce nouveau métier de la finance requiert des compétences en contrôle de gestion, et de plus fortes connaissances en reporting et en analyse financière.» Pour ces postes, les profils recherchés sont donc plutôt des contrôleurs de gestion ou contrôleurs financiers et les perspectives de rémunérations établies entre 60 et 70 000 euros en fonction du profil et de l’équipe à manager.

Les data analysts investissent la finance
Enfin, le data analyst ou le data officer commencent également à investir tout doucement les équipes finances de certaines entreprises. Leurs compétences en analyse de données leur permettent de participer au développement de la stratégie d’entreprise. Ils ont notamment pour vocation de gérer la structure des bases de données dont ils extraient les informations, mettent en avant les tendances du marché dans ce domaine et synthétisent les données afin d’offrir une vision globale du marché étudié. «Il est essentiel d’avoir des compétences poussées en statistiques et d’être capable de les analyser d’un point de vue marketing, précise Albane Prieto. Généralement, les data scientists ont des profils IT orientés mathématiques. Ils savent extraire de la donnée pour en faire des statistiques. Néanmoins, les contrôleurs de gestion peuvent aussi évoluer vers ces postes.» Globalement, ces profils sont encore rares, et donc peu expérimentés puisque fraîchement sortis d’école pour la majorité.

Source : OPTIONFINANCE

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